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jeudi 26 mars 2026

Projet JAURES : blocage du dialogue social

 

Groupe de travail F3SCT
sur " la stratégie bâtimentaire "
19 mars 2026
Intervention de l’Intersyndicale

  Après 3 mois et 5 réunions de dialogue social et quelques réunions d’information aux agents organisées par la Région, le constat est sans appel.

 Du côté de la Région, rien n’a changé.

Vous n’avez pris en compte aucune des alertes et propositions des représentants du personnel de la F3SCT.

Vous avez balayé avec dédain et parfois avec violence tous les avis, questions opinions ou propositions formulées par les agent.es.

Vous continuez à imposer votre vision dogmatique et vos principes d’aménagement à base de flex office généralisé et d’espaces de travail à 6, 8 ou 10 bureaux pour la quasi-totalité des agent.es.

Vous continuez à refuser de fournir aux représentants du personnel les informations nécessaires à une véritable comparaison entre la situation actuelle et vos projets.

Vous continuez à vouloir expliquer à tout le monde pourquoi vous avez raison et pourquoi tous les autres ont tort.

Et pour ça, vous n’hésitez pas à mentir, tant aux agent.es qu’aux représentants du personnel.

En voici quelques exemples :

Commençons par le dernier en date : vous nous aviez dit que vous diffuseriez des vidéos des nouveaux aménagements de Dolet quand ils seront terminés : vous avez finalement diffuser des vidéos virtuelles réalisées sur ordinateur, bien différentes de la réalité.

Vous nous avez encore dit la semaine dernière que tous les aménagements étaient possibles en tenant compte des avis des agents : c’est faux : les postulats de base de la Région en matière d’aménagement et le zoning sont figés et vous n’envisagez aucune réelle marge de manœuvre. Pour preuve : jusqu’à présent vos objectifs et vos postulats de base sont toujours les mêmes : ils sont écrits dans les 1ers rapports sur Dolet, ils sont écrits dans les documents que vous nous avez présentés dès le début de la démarche Jaurès, ils sont écrits dans les diaporamas présentés lors des réunions par DGD, ils sont écrits dans tous les cahiers des charges réalisés pour le zoning ou pour les architectes. Vous n’avez jamais rien écrit d’autre que ce que vous avez décidé depuis le début.

On en vient aux mensonges suivants lors des réunions par DGD :

Pour essayer de prouver que tout est possible, vous avez dit que les aménagements réalisés à Dolet et à la MRCVL 41 étaient très différents : C’est faux, les proportions entre les différents types d’espaces par rapport aux surfaces et au nombre d’agent.es sont exactement les mêmes. Seule différence : un open space de 10 places à la MRCVL 41 au lieu de 8 maximum à Dolet.

Lors de ces réunions par DGD, vous avez également dit que le Plan de Déplacement Administration - PDA était en cours de discussion : C’est encore faux : il n’y a même aucune mention du PDA, à ce jour, dans l’agenda social 2026.

Vous avez aussi régulièrement affirmé qu’un des objectifs du projet serait "l’adaptation au développement de la transversalité et du travail collaboratif" : Alors là, je ne sais pas si ça relève du mensonge ou du fantasme d’un codir complètement déconnecté des réalités du terrain ? Vous osez parler de transversalité et de travail collaboratif, alors que dans le quotidien de la quasi-totalité des agent.es, le fonctionnement de la Région n’a jamais été aussi vertical, cloisonné et hiérarchisé.

Et finalement, on touche peut-être là le véritable problème.

Les décideurs de la Région, qui portent ce projet, ne connaissent pas la réalité du travail des agents.

Vous ne savez pas ce qu’on fait.

Vous ne savez pas comment on le fait.

Mais vous êtes persuadés du contraire.

Vous êtes persuadés de savoir ce qui est bon pour nous et vous voulez nous l’imposer avec brutalité.

La façon dont vous gérez ce projet bâtimentaire en est la preuve.

La façon dont vous gérez la généralisation d’Aiden en est la preuve : des process imposés sans aucune stratégie de terrain, aucun pilotage organisationnel, si ce n’est l’angle financier et aucune réflexion sur les moyens nécessaires et l’impact sur le travail, sur les agent.es, sur les usagers. Et aucune écoute, aucune prise en compte des besoins, des alertes et des propositions formulées par les agent.es et leurs représentants.

La façon dont vous gérez tous les projets en est la preuve.

 Notre rôle est donc de vous expliquer qui sont les agents, ce qu’ils font, comment ils le font et ce dont ils ont besoin pour le faire.

C’est ce que nous essayons de faire depuis décembre et ça ne marche pas.

C’est ce que les agent.es essaient de faire dans les réunions de soi-disant co-construction et ça ne marche pas. Les premiers retours que nous avons recueillis sont édifiants : les questions sur les conditions de travail et les besoins des agents sont systématiquement, directement et violemment rejetées.

 Nous avons décidé de changer de méthode.

Nous avons donné, réellement, la parole aux agent.es avec un questionnaire en ligne et ils l’ont prise.

Ils l’ont même bien prise, avec des taux de réponses qui frôlent les 70 voire les 80 % pour certaines Directions Générales. Et avec énormément d’expressions libres, que nous sommes en train d’analyser et de compiler et dans lesquels les agent.es expriment, avec leurs mots, leurs besoins, leurs attentes, ce qu’ils veulent et ce qu’ils ne veulent pas. Et contrairement à ce que vous essayez de faire croire à tout le monde, il ne s’agit pas d’une simple peur du changement. Il s’agit bien d’une expression claire, réfléchie, argumentée d’un refus d’une dégradation annoncée et imposée des conditions de travail.

Et comme le dialogue social entre les représentants de la F3SCT et la Région est clairement dans une impasse, nous avons décidé de présenter les résultats et l’analyse de ce questionnaire directement au Président du Conseil régional, en espérant qu’il sera plus à l’écoute des agent.es et moins dogmatique dans ses décisions.

 

jeudi 19 février 2026

Projet JAURES : l'Intersyndicale lance un questionnaire

 Le 4 février 2026, l'Intersyndicale CFDT-CGT-FO-FSU-SNT-UNSA a lancé un questionnaire pour toutes les agents et tous les agents du siège administratif pour que chacune et chacun puisse s'exprimer sur les projets d'organisation du travail et des locaux.

 Cher.es collègues,

Dans le cadre du dialogue social, l’Intersyndicale insiste auprès de la Région que la réalisation du Projet JAURES se fasse en proposant une organisation souple et des conditions de travail adaptées aux missions et aux agentes et agents, en prenant en compte leurs contraintes professionnelles et/ou de santé, leurs besoins et, autant que possible, leurs attentes. Ce qui n’est pas le cas des propositions actuelles.

 Pour l’Intersyndicale, ce sont les nouveaux locaux qui doivent être adaptés aux agentes et aux agents et pas l’inverse.

 Pour faciliter l’identification de ces contraintes et de ces besoins, l’Intersyndicale a décidé de donner à la parole aux agentes et aux agents avec un questionnaire en ligne : https://framaforms.org/projet-jaures-1769614150

 La Région organise aussi des séances d’information et d’échanges, par DGD et dans les Directions.

 Il est essentiel qu’un maximum d’agentes et d’agents s’expriment, lors de ces réunions et avec le questionnaire intersyndical.

 Ce questionnaire est à remplir avant le 6 mars 2026.

lundi 26 janvier 2026

Info CST - Intelligence artificielle

Lors de la réunion du Comité Social Territorial – CST du 22 janvier 2026, la CGT est intervenue concernant la mise en place d'une Charte d’usage sur le Numérique et l'Intelligence Artificielle. Voici les éléments exposés :


Les risques liés aux usages de l’intelligence artificielle sont nombreux. Il est absolument nécessaire d’en cadrer les usages.

L’outil pose question notamment sur :

  • la souveraineté des données,
  • la confidentialité des documents,
  • la fiabilité des productions,
  • l’impact environnemental (eau pour refroidir les data centers, surconsommation d’électricité par rapport à une requête classique...).

La collectivité a les moyens et des leviers pour accompagner et former les agents sur les enjeux de cet outil dans leur exercice professionnel et dans leurs usages personnels. C’est une responsabilité collective dont doivent s’emparer les pouvoirs publics notamment pour éviter toutes les dérives redoutées. La question du pour ou contre ne se pose plus, les agents se servent déjà des outils, mais parfois de façon problématique.

Il y a urgence à poser un cadre qui permette de répondre aux enjeux et de s’assurer que l’outil n’altère pas la situation des salariés.

La charte est une première étape, encore lacunaire mais qui doit poser les bases de la suite.

La CGT est favorable à une clarification et une sécurisation des usages. 

 

vendredi 28 novembre 2025

Lieux et heures de rassemblement du 2 décembre

On se mobilise pour notre futur le mardi 2 décembre prochain ! 📣
Voici les lieux et heures de rassemblement prévus dans la région Centre-Val de Loire :
18 :
Bourges - 14h place Séraucourt
Saint-Amand-Montrond - 10h place Jean Girault
Vierzon - 10h30 place Jacques Brel

28 :
Chartres - 14h devant le théâtre boulevard Chasles

36 :
Châteauroux - 10h place de la République

37 :
Tours - 10h place du général Leclerc

41 :
Romorantin - 10h place de la Paix
Blois - 14h devant la préfecture
Vendôme - 10h30 place de la Liberté

45 :
Orléans - 10h30 devant la cathédrale
Montargis - 10h30 place du Pâtis
Gien - 10h place Jean Jaurès
Beaugency - 10h30 place du Martroi


mardi 14 juin 2022

Journal ACTION N°18

 

Le numéro 18 du journal ACTION est sorti en mai 2022.

Il a été distribué au siège administratif et dans 65 lycées sur Chartres, Orléans, Gien, Montargis, Bourges, Châteauroux, Blois, Chinon, loches, Château-Renault, Amboise et Tours.

Nos avons notamment organiser plus de 40 réunions d'information syndicale qui ont permis d'aborder les sujets d'actualité qui sont traités dans ce numéro 18 du journal ACTION :

  • Temps de travail,
  • Conditions de travail,
  • Pouvoir d'achat,
  • Protection sociale complémentaire, présentée en détail dans le journal Le Petit Confiné N°6
 Téléchargez le journal ACTION N°18
 





 

mardi 21 septembre 2021

Pannes de réseau informatique au siège dela Région

Lors du Comité technique du 14 septembre 2021, la CGT a posé la question suivante : Les agents du siège subissent depuis plusieurs semaines des interruptions incessantes de réseau informatique. Avez-vous des explications voire des informations d’améliorations à venir sur ce sujet ? 

Mr Dervaux, Directeur Général à l'Optimisation des Ressources, a expliqué que la source du problème a été identifiée (un processus Windows) et les correctifs ont été apportés sur toute la semaine précédente. 

Les problèmes devraient tendre à disparaitre.
La prudence reste donc de mise, mais il semble qu’une étape importante a été franchie vers un retour à un fonctionnement normal puisqu'aucun blocage majeur n'a été subi depuis la semaine dernière. 

Nous ne pouvons que regretter qu'aucune information n'ai été donnée aux agents sur ce sujet.

mercredi 6 décembre 2017

Journal ACTION N°14

Le numéro 14 du journal ACTION est disponible et c'est toujours le seul journal d'information réalisé par un syndicat de la Région Centre-Val de Loire pour les agents Région Centre-Val de Loire.

Au sommaire :
- Le protocole 2017 signé entre la Région et les syndicats et qui apporte un certain nombre d'avancées (pouvoir d'achat, carrière, conditions de travail) directes ou indirects aux agents.
- Le Comité de suivi du Plan d'action Travailler et Vivre ensemble
- Le RIFSEEP : le nouveau régime indemnitaire
- Le PPCR

Il est actuellement en cours de distribution dans tous les lycées de la Région et au siège administratif.
Téléchargez la version PDF.

 



mardi 30 mai 2017

Les effets destructeurs du management à la cool


Pour comprendre la souffrance qui infuse dans les open spaces fleuris d’aujourd’hui, alors que jamais on ne s’est tant soucié de bien-être au travail, le nouveau livre de Danièle Linhart, « la Comédie humaine au travail» (sous-titré : «De la déshumanisation taylorienne à la sur-humanisation managériale»), est d’un recours précieux. Voilà une chercheuse du CNRS qui depuis trente ans observe les mutations sociales au travail. Pour mieux comprendre ses lois non écrites, ses faux semblants, elle se faufile dans les congrès de managers, avec le risque de s’y faire insulter. (C’est arrivé, nous le verrons plus loin.) La sociologie comme sport de combat est diversement appréciée.
Danièle Linhart pourrait comme bien d’autres, sociologues ou journalistes qui font profession de décrire le réel, se retrancher derrière une prudente impartialité. Mais non. Le pouvoir d’écrire et d’être lu a chez elle l’ambition d’être mis au service d’un progrès humain, ce qui rend son livre d’autant plus captivant. A tous, petit fonctionnaire ou cadre, ouvrier ou travailleur intellectuel, elle tend un décodeur pour décrypter le malaise diffus qui se propage en milieu professionnel sans que ceux qui en souffrent se l’expliquent toujours bien. Elle leur offre de comprendre ce que l’on vit, à l’heure du burn out pour tous.
Notre siècle croit dépassée l’image d’un Chaplin à califourchon sur la machine, aux heures féroces du taylorisme ? Bien à tort, nous dit la chercheuse. Elle explique en détail comment le management contemporain peut être vu comme la poursuite du taylorisme par d’autres moyens :
Taylor apparait à bien des aspects comme le précurseur de la posture managériale qui domine  la période actuelle: se positionner au nom du bonheur des salariés, prétendre à un système équitable, juste et orienté vers le bien commun, mettre en avant les difficultés d’organisation, et de management du travail, invoquer la science, l’objectivité, la neutralité, ces attitudes ne sont pas sans rappeler bien des allégations et argumentations accompagnant les discours modernes. 
 A ce stade, un retour vers le passé s’impose pour rappeler qui fut ce Taylor qui divise la postérité. Un bienfaiteur de l’humanité  pour certains, car soucieux d’accroitre le bien-être en allégeant la tâche, en la réduisant à un geste unique et simple, à la portée de tous. Un diable pour bien d’autres, coupable d’avoir transformé l’homme en machine et inventé les «cadences infernales», perfectionnées ensuite par Ford et ses chaines de montage.  

Frederick W.Taylor (1856-1915) est l’inventeur de ce qu’on a appelé avec grandiloquence «l’organisation scientifique du travail» (OST). Il cherchait une solution pour mettre un terme à l’«irréductible conflictualité» entre les patrons fâchés par la «flânerie systématique des ouvriers» et ces derniers, peu pressés d’en faire plus, compte tenu du ridicule de la paye. Le travail, on le sait,  fut décomposé et la tâche de chacun réduite à un automatisme. De cette fracture dans l’histoire ouvrière,  on a retenu la parcellisation. Mais la logique taylorienne, explique Danièle Linhart, c’est avant tout la domination, «la prise en main des ouvriers par l’organisation», et l’affaiblissement de leur savoir-faire.
Taylor s’évertue à nier la dimension politique du travail pour n’en retentir que la dimension technologique, économique, ergonomique ou morale afin de créer les conditions d’un consensus, écrit-elle. Il va chercher la science qu’il présente comme neutre et objective.

Mais évidemment, il passe sous silence ce fait que la science sera mise en œuvre par le patron pour servir ses propres objectifs. Car il a décidé de que ce sera au patron de mobiliser cette science, ce qui suppose de déposséder les ouvriers de leur métier. Or il ne faut jamais perdre de vue que détenir un métier permet d’imposer des tarifs et de faire obstacle à la volonté du patron. Ne connaissant pas le métier de ses ouvriers, le patron peine à dicter sa loi (…)

La question est d’importance et reste d’actualité : celui qui connait le travail dispose d’un atout de taille, et l’organisation scientifique est là est là pour donner cet atout au patron.
Taylor voulait associer progrès économique et progrès social. Ce faisant, il aura transformé des ouvriers de métiers, porteur d’un savoir-faire autonome, en «simples» exécutants puis en consommateurs, cette révolution s’accompagnant d’une forte hausse des salaires.
Ancien ouvrier modeleur (à Philadelphie), devenu ingénieur à l’issu d’années de cours du soir, mais ouvrier tout de même, Taylor était bien placé pour étudier ses pairs et leur façon de faire. Dans le cadre de son organisation scientifique, il voulait que fussent pris en compte les besoins et qualités individuelles. «On ne doit pas s’occuper d’un groupe d’hommes mais on doit essayer d’aider chaque ouvrier pour lui permettre d’atteindre son plus haut niveau d’efficacité et de prospérité», disait-il.
Taylor trouvait efficace de stimuler les ambitions personnelles ; lorsque les gens travaillent en équipe, prétendait-il, l’efficacité individuelle de chacun tombe au-dessous du niveau de celle d’un ouvrier moins bon. Sans doute avait-il en tête l’inavouable: le groupe facilite l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies de protestation et de défense, lesquelles s’affaiblissent lorsqu’un employé se trouve confronté seul à sa hiérarchie. On voit que loin d’être une calamité récente, l’individualisme, est inclue dans le plan taylorien.
Travail à la chaine ou vie de bureau contemporaine, la logique à l’œuvre est la même: affaiblir ce qui fait la force du salarié et sa ressource essentielle,  c’est à dire ce que la sociologue appelle tout au long de son livre la professionnalité. «‘’L’organisation’’ veut des  gens  qui n’oeuvrent pas en fonction de ce qu’ils estiment juste ou noble, écrit-t-elle, mais en fonction des appétits du capitalisme.»
Comment, dès lors, mettre au pas le salarié français, lequel met du cœur à l’ouvrage, cherche du sens dans ses heures ouvrables et ne renonce pas si facilement aux règles de l’art et de la solidarité ? Comment le soumettre, au Pays de la lutte des classes et du  CDI majoritaire, qui plus est quand le Code du travail est d’une si belle étoffe ? «En s’adressant à des ressources humaines plutôt que professionnelles», répond la sociologue. Depuis les années 80, l’idée est là qu’il faut «gérer» affects, émotions, subjectivité.
Plus on insiste sur l’humanité des salariés, et moins on les prend au sérieux comme expert de leur travail, ayant leur mot à dire dans les choix organisationnels et stratégiques de leur entreprise. Ce sont toujours d’hommes et de femmes qu’il s’agit, et non de professionnels qui peuvent avoir un point de vue argumenté sur le changement proposé.
La contradiction est flagrante. Les directions affichent un slogan de velours - l’humain au cœur de l’entreprise - mais la prévalence des burn out signale que quelque chose cloche au royaume des bons sentiments:
Le drame du travail contemporain ne vient pas, paradoxalement, de ce qu’il est déshumanisant mais au contraire du fait qu’il joue sur les aspects les plus profondément humains des individus. Au lieu de s’adresser aux registres professionnels qui permettent d’établir une délimitation entre ce que ces individus engagent au travail et ce qu’ils sont, le management moderne joue sur le registre personnel des salariés.
Fini le temps du bonjour compassé du directeur à son subalterne.  Toujours cool, le «n+1» tend patte blanche à son salarié sur le mode l’entreprise-est-à-nous-tous-et-ton-avis-nous-intéresse. En réalité,  ce mélange des genres fragilise les gens. Sous son blanc manteau, l’orientation humanisante est dangereuse ; si l’affaire tourne mal, ce n’est plus un professionnel qui sera jugé par ses chefs mais la personne toute entière, livrée à une évaluation critique parfois fatale. Or rappelle la chercheuse, «chaque personne au travail a ses propres intérêts sur lesquels elle doit veiller, intérêts financiers mais aussi de gestion de sa santé, à savoir s’économiser physiquement et psychiquement  pour ne pas s’épuiser au travail et pouvoir durer.»

Accélération du temps

Toutes ces observations,  Danièle Linhart les a exposées plus d’une fois, parfois à ses risques et périls. Elle se souvient d’un symposium, il y a quelques années, réunissant deux cents responsables du service public et d’entreprises privées dans un pavillon chic, non loin des Champs Elysées. Un thème, ce jour-là: le pacte de confiance. Pacte entre le client et son vendeur, pacte entre le client et son prestataire mais pacte surtout entre le salarié et sa hiérarchie. La chercheuse avait pris place sur la tribune entre deux gradés, succédant à un représentant d’Orange venu disserter sur la nécessité de «réhumaniser le travail». Parler davantage avec le personnel, être plus proche, appeler les gens par leur prénom, ne pas oublier de serrer la main – c’était à l’époque des suicidés en série.
Danièle Lihnart avait protesté contre cette comédie. Sans être hostile, bien sûr, à une certaine chaleur autour de la Nespresso (qui le serait ?), elle est soucieuse de rappeler que c’est sa professionnalité, justement, que le salarié veut voir respecter, laquelle constitue sa force et lui donne sa légitimité. Bien plus que sa dimension d’être humain, qui n’est pas remise en cause. (D’ailleurs, pourquoi le serait-elle ?)
Ce jour-là, des ricanements se sont fait entendre dans l’assistance. Du parterre de DRH se sont élevées des voix pour dire que oui,  on assume  parfaitement d‘attendre du recruté un maximum d’implication, qu’un employé qui n’est pas prêt à faire allégeance n’a pas sa place dans l’entreprise. Danièle Linhart est apparue comme une sociologue marxisante au discours ringard. Souvenir vertigineux pour elle, ce jour-là  prise d’un mal qu’elle s’évertue à décrire: le syndrome du has been. Le sentiment d’être dépassé fait des ravages en entreprise et ce n’est pas non plus fortuit:
Cet argument de l’accélération infinie du temps devient une arme de guerre. Non seulement, il conduit à déstabiliser sans cesse les salariés, à brouiller leurs repères et à défaire leurs ancrages, mais il désamorce toute tentative d’analyse critique.
Le voilà, l’inavoué: le changement perpétuel est utilisé comme une stratégie de prise de contrôle. «Le mal qui nous guette les unes et les autres, et qui suscite une antique terreur comme la lèpre, a pour nom l’archaïsme,  il est à l’image de la dévalorisation dont souffrent chroniquement les personnes âgées dans la société, les seniors dans les entreprises, considérés comme des boulets dont il faut se débarrasser au plus vite.»
L’entreprise n’est pas toujours tendre avec le salarié de soixante, voire de cinquante ans, chassé par les plans sociaux - cette triste valse aux adieux. Un salarié de soixante ans qui se sent «vieux con» dans le regard de son patron quadragénaire est attaqué dans son autre ressource fondamentale: l’expérience, laquelle autorise le point de vue, la liberté d’esprit, la critique, possiblement la contestation. Un vieux salarié cassé est une bombe désamorcée.
Et tant pis si le départ des anciens risque de vider l’entreprise d’une partie de sa mémoire. Ou plutôt tant mieux, devrait-on dire, car c’est précisément le but recherché. L’une des ruses modernes du management consiste à produire de l’amnésie. Les temps changent, entend-on comme un refrain, il faut sortir de l’archaïsme. D’où le changement perpétuel et sa kyrielle de recompositions, réformes, refontes, réorganisation des espaces de travail, déménagements, sous prétexte de ne laisser personne «s’enkyster». Ce qui alimente l’amnésie, poursuit Danièle Linhart, c’est que les représentations mentales antérieures disparaissent. Où êtes-vous conflits sociaux et rapports de force ? Où sont-elles, les banderoles portant haut le refus de l’exploitation et la lutte des classes ?
Distiller le doute est devenu la technique moderne d’affaiblissement de la professionnalité. A l’ère du management nappé d’humanisme et de cool, chacun est prié de donner le meilleur de lui-même, dans un cadre professionnel présenté comme bienveillant.
Le cadre, d’ailleurs, est pensé pour : en échange d’une production de chartes éthiques et de codes déontologiques, la direction demande toujours plus de loyauté, flexibilité, mobilité, investissement, engagement, attachement à la marque. Les anciens se cabrent. Les nouveaux arrivés, pour la plupart, jouent le jeu  et ferment les yeux sur les misères faites à leurs aînés, jusqu’au jour où le milieu festif se transforme en jungle. Le débutant, devenu parent à son tour, se trouve dans l’impossibilité d’établir la frontière mentale nécessaire entre une vie professionnelle chronophage et sa maison, où il voudrait bien rentrer avant l’heure du bain et des aventures de Motordu,  et si possible pas trop exsangue.
On assiste à un paradoxe dérangeant, qui veut qu’au moment où on en demande de plus en plus aux salariés, excellence engagement total et prise de risque, face à un travail de plus en plus complexe, on les plonge artificiellement dans un état de fébrilité, un sentiment de peur et d’impuissance qui tend a paralyser leur activité.
Danièle Linhart décrit fort bien le grand malaise diffus contemporain, qu’elle appelle «précarisation subjective du salarié» :
L’instabilité fait partie du paysage habituel des entreprises modernes qui se veulent adaptées à un monde plus fluctuant et exigeant. Mais derrière cette image d’Epinal se cache une réalité bien plus aride : celle de l’inconfort, voire d’un certain degré de souffrance comme levier pour obliger le salarié à rendre les armes et à se transformer en relais efficace des méthodes et de la qualité de travail voulues par leur direction.
Avec ce livre, on comprend l’importance de bien nommer les choses aussi au travail. Dans les open spaces fleuris d’aujourd’hui, le malaise ne doit rien au hasard. C’est une politique.


Source : BibliObs - Anne Crignon
La comédie humaine du travail. De la déshumanisation taylorienne à la sur-humanisation managériale
par Danièle Linhart
Editions Erès
152 pages, 19 euros

mercredi 5 avril 2017

Blocage du dialogue social : pétition


La rencontre du 1er mars 2017 avec le Président du Conseil régional n'a pas permis d'obtenir la moindre avancée pour les agents, malgré une expression très forte du mal-être et de la démotivation des agents au travail.


L'Intersyndicale a décidé de mobilisé les agents en lançant une pétition :
Dans ce contexte d’échec du dialogue social, nous, agents du Conseil régional Centre-Val de Loire, mandatons l’Intersyndicale pour déposer un préavis de grève afin d’obtenir des engagements fermes de la Région sur les points suivants :
- EGALITE PROFESSIONNELLE : Retrait du projet d’individualisation du régime indemnitaire sur des critères subjectifs d’expériences professionnelles
- POUVOIR D’ACHAT : Revalorisation du régime indemnitaire pour les agents de cat. A, B et C
- CARRIERE : déblocage des carrières
- CONDITIONS DE TRAVAIL : Des moyens humains supplémentaires pour remplacer les absences et compenser les restrictions médicales. Création de 10 postes pour améliorer les conditions de travail dans le cadre du plan d’action Travailler et vivre ensemble.

Cette pétition est accompagnée du communiqué suivant :


Téléchargez le communiqué-pétition.

L'Intersyndicale a également envoyé les résultats du questionnaire et ce communiqué/pétition à tous les conseillers régionaux de la majorité régionale.

Rencontre avec le Président du Conseil régional - 1er mars 2017


Après 4 réunions sur 2016 et 2017 d'un dialogue social particulièrement stérile, l'Intersyndicale CFDT-CGT-FO-FSU-UNSA a décidé de rencontrer le Président du Conseil régional Centre-Val de Loire.


L’objectif était de lui présenter les résultats du questionnaire et d'obtenir des avancées sur les questions qui touchent les agents : pouvoir d'achat, carrière et conditions de travail.


La rencontre a eu lieu le 1er mars 2017.
L'Intersyndicale a présenté et argumenté ses propositions.

Malheureusement, une fois de plus, nous avons été écoutés ... mais pas entendus.


A chaque proposition de l'Intersyndicale, la réponse est la même : je voudrais bien, mais j'peux point.

lundi 20 mars 2017

Questionnaire aux agents : 2ème retour



Sur le mois de novembre, l’Intersyndicale CFDT-CGT-FO-FSU-UNSA a lancé un questionnaire pour connaitre les attentes et les besoins des agents du Conseil Régional.

Après une analyse plus approfondies des réponses et des nombreuses expressions libres, l'Intersyndicale a communiqué aux agents via un message électronique et une campagne d'affichage le 2 février 2017.

 

Téléchargez le 2ème retour (pdf) avec les expressions libres

jeudi 15 décembre 2016

Questionnaire aux agents : 1er retour


Sur le mois de novembre, l’Intersyndicale CFDT-CGT-FO-FSU-UNSA a lancé un questionnaire pour connaitre les attentes et les besoins des agents du Conseil Régional.
Après une première analyse rapide des réponses, l'Intersyndicale a communiqué aux agents ce 1er message le 14 décembre 2016 :


Vous avez été 1 180 à répondre au questionnaire et nous vous en remercions.

Cela correspond à un tiers des agents des lycées (821 réponses) et la moitié des agents du siège (359 réponses).


Près d’un agent sur 2 en situation de mal-être au travail

Aujourd’hui, près d’un agent sur 2 est en situation de mal-être et peu motivé dans son travail.


Perte de motivation au siège

La situation est particulièrement préoccupante pour les agents du siège qui ne se sentent "pas bien au travail" à 49 % et "pas motivé" à 55 %.


Vos priorités : pouvoir d’achat, carrière, conditions de travail

Le pouvoir d’achat, la carrière et les conditions de travail sont clairement les sujets sur lesquels les agents ont le plus d’attente : vous êtes plus de 60 % à les placer en priorité 1 ou 2.

Le pouvoir d’achat est la priorité N°1 pour les agents de cat. C,autant au siège que dans les lycées.

Les conditions de travail sont la priorité N°1 pour les agents de cat. B et A, avec beaucoup d’expression libre sur le management humain, le pilotage global de la collectivité et le non-remplacement des absences.

La carrière est la priorité N°2 d’une majorité d’agents, avec beaucoup d’expression libre sur le blocage des carrières imposé par la carte des métiers.


Dès janvier, des propositions soumises au Président

Après une analyse plus précise de vos réponses dont les nombreuses expressions directes, nous vous présenterons dès janvier 2017 des revendications construites sur ces bases.

Nous présenterons ensuite ces revendications au Président du Conseil régional et nous vous informerons de ses réponses.

Ce message a été également envoyé dans tous les lycées pour affichage (cf ci-dessus).

mercredi 23 décembre 2015

Après les élections régionales, la CGT écrit au Président


Dès le 16 décembre, la CGT a écrit au Président du Conseil régional l'attachement des agents à leurs missions de service public et la nécessité de leur donner les moyens de les remplir.
Voici le courrier : 

Monsieur le Président,
Nous souhaitons aujourd’hui vous féliciter pour votre réélection. Nous espérons que cette nouvelle mandature pourra répondre aux attentes d’espoir fortement exprimées, sous diverses formes, lors de ce scrutin.
Concernant le dialogue social, le bilan de la précédente mandature est mitigé et semble trop souvent transparent pour les agents. Il y a eu beaucoup de réunions, c’est vrai. Mais finalement, il s’agissait surtout d’informations descendantes ou sur des sujets avec un impact minime. Peu de dossiers d’envergure concertant la majorité des agents : Régime indemnitaire en 2011, règlement des congés des agents des lycées en 2013 et Plan d’action Travailler et vivre ensemble en 2015.
Nous espérons que cette nouvelle mandature répondra aux attentes des agents de la Région en matière de reconnaissance et d’amélioration des conditions de travail.
Pour cela, nous demandons des engagements et des actes forts de la part de la collectivité :
1. La désignation d’un-e Vice-Président-e en charge du personnel, distinct de l’élu en charge des Finances. Il s’agit de montrer que les ressources humaines ne sont pas considérées que comme une dépense et donc une variable d’ajustement des contraintes financières, mais au contraire comme une des clés de la réussite de toute politique publique.
2.  Un dialogue social rénové :
Un CHSCT qui puisse jouer pleinement son rôle pour tous les agents, autant sur les questions de sécurité que de conditions de travail,
Identification d’une thématique par semestre (revalorisation du régime indemnitaire, évolutions des métiers …), 3 à 4 réunions maximum puis passage en Comité technique et/ou en CHSCT.
3. Des moyens supplémentaires pour permettre aux agents, titulaires et contractuels, d’assurer efficacement leurs missions de service public, en priorité sur 3 points :
La réussite de plan Travailler et vivre ensemble nécessite le renforcement des équipes Ressources Humaines à 2 niveaux :
*  création de 3 à 4 postes supplémentaires en DGRH pour assurer la mise en œuvre, l’accompagnement et le suivi du Plan,
*  création de 6 postes (1 par département) de coordination / accompagnement des managers de proximité dans les lycées.
- Amélioration des remplacements des agents absents et prise en compte des adaptations de postes dans les lycées.
Revalorisation du régime indemnitaire afin notamment de compenser les pertes liées au gel du point d’indice et de poursuivre la réduction des écarts entre les différentes filières.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes salutations distinguées.