Le syndicat CGT du Conseil régional Centre-Val de Loire a demandé et obtenu que les projets Jaurès et AIDEN fasse l'objet de réunions spécifiques du dialogue social 2026, dans le cadre de la F3SCT (ex-CHSCT).
La 1ère réunion sur AIDEN s'est tenue le 22 janvier 2026.
Voici les alertes et propositions portées par la CGT Centre-Val de Loire :
Le portail des aides (AIDEN) permet aux usagers de déposer leur demande
de financement de façon entièrement dématérialisée. Il a été mis en place en 2016.
De nombreux dispositifs d’aides ont progressivement été intégrés dans le
Portail.
Jusqu’à présent, les informations saisies par les
demandeurs étaient transférées dans Progos, un autre logiciel de gestion et
d’analyse décisionnelle permettant l’instruction, le suivi administratif et
financier et l’analyse des dossiers de demandes de subventions. La gestion
financière est ensuite gérée par un autre logiciel, Grand Angle (depuis janvier
2025).
En ce début d’année 2026, 2 changements majeurs
sont en train d’être effectués :
- Dématérialisation de tous les dispositifs restants
- Fin de l’utilisation de Progos
Ces changements vont avoir des impacts très
importants, en externe pour les usagers et en interne pour les agentes et agents.
La dématérialisation va impacter un grand nombre
d’usagers, dont beaucoup n’ont jamais utilisé ce type d’outil. Pour elles et eux comme pour les agent.es, dématérialisation n’est pas synonyme de
simplification, bien au contraire. D’autant plus
qu’on constate que cette généralisation de la dématérialisation entraine une
augmentation des informations demandées.
A aucun moment de la démarche, la Région n’a
cherché a associé les usagers ou des représentants des usagers à la mise en
place de ces nouveaux outils. Aucun référent n’est identifié en interne pour
garantir la prise en compte de leur point de vue.
Les seules solutions d’accompagnement technique mises
en place sont : quelques guides et une Assistance numérique avec une FAQ
et la possibilité d’être rappelé.
Il n’est prévu aucune possibilité d’appel direct
pour les difficultés rencontrées par les usagers. Il n’est prévu aucun renfort en interne pour
accompagner les usagers sur les difficultés liées aux nouveaux dispositifs
dématérialisés.
La CGT condamne cette déshumanisation de la
relation aux usagers et demande la mise en place d’une ligne d’appel pour les
questions techniques et la mise en place de renfort en interne pour accompagner
les usagers.
La CGT demande également la mise en place d’une
politique visant à prendre en compte et associer les usagers à ce type de
démarche.
Pour rappel, la dernière enquête du défenseur des
Droits publiée en octobre 2025 indique que "les difficultés dans les
démarches administratives touchent désormais une majorité de Français (plus de
60 %), bien au-delà des publics fragiles, poussant certains à renoncer à leurs
droits. En matière de dématérialisation, moins d’une personne sur deux parvient
à faire ses démarches en ligne sans aide". Le défenseur des Droits précise
également que le contact direct reste le moyen le plus efficace pour résoudre
un problème administratif.
La dématérialisation et la fin de l’utilisation de
Progos vont également avoir un impact très important en interne et là encore,
les moyens mis en œuvre sont très clairement insuffisants pour garantir la
réussite du projet.
Les actions à mettre en œuvre, à suivre et à
accompagner sont très nombreuses et nécessitent d’y revenir continuellement pour
préparer, corriger, adapter le logiciel, que ce soit pour la mise en ligne des
formulaires de demandes, des guides utilisateurs, la construction des parties
dédiées à l’instruction et au suivi, des éditions de documents (fiches
d’instruction, courriers…), la création de tableaux de bord, la gestion des
droits d’accès, la gestion électronique des documents…
Pour tout cela, il n’y a que 2 agents à la
Direction des Finances.
C’est clairement insuffisant et particulièrement
inacceptable de faire porter la réalisation technique d'un projet d’une telle
envergure sur 2 personnes. Au-delà de la charge de travail irréalisable, cela
créé des tensions et des conflits avec les agentes et agents qui ont besoin de l’outil
pour travailler et qui ont surtout besoin d’un outil adapté à leur métier. Cela
risque d’entrainer au mieux un retard dans les prises de décision sur les
subventions, au pire un blocage complet, comme ça a été le cas lors de la mise
en place de Grand angle.
Et comme si ce n’était pas suffisamment difficile,
la Région a décidé d’imposer aux usagers et aux agent.es une position technocratique
et dogmatique totalement déconnectée des réalités de travail : l’uniformisation
de toutes les procédures de gestion des demandes. Le seul objectif étant de
faire des économies, puisqu’il est évidemment moins long et moins cher de faire
une seule procédure plutôt que d’adapter les outils aux besoins. Une solution
unique, décidée unilatéralement et imposée à toutes et tous, vous comprendrez le
parallèle que nous faisons avec le projet JAURES.
La CGT demande le renforcement immédiat des moyens
humains de l’équipe Intégration des aides.
La CGT demande la mise en place d’un travail sur
l’harmonisation des procédures et des pratiques, mené notamment avec les agents
de terrain qui utilisent les outils (gestionnaires, chargés de mission,
cellules de gestion) et des représentants des élu.es, car, faut-il le rappeler,
ces outils ont d’abord pour but de piloter et mettre en œuvre des politiques
publiques.
Vous l’aurez compris, la réussite du projet AIDEN nécessite, en urgence,
des moyens humains supplémentaires pour renforcer les équipes, au moins
temporairement.
La question posée est simple : la dématérialisation complète des
aides de la Région aboutira-t-elle à une destruction ou une amélioration du
service public régional, tant pour les usagers que pour les conditions de
travail des agent.es ?