lundi 15 février 2021

Comité technique du 5 novembre 2020 : interventions CGT et compte-rendu

 

Avis : Bilan social et rapport de situations comparées (vote)

Télécharger le Bilan social 2019

Comme chaque année, la CGT salue la qualité du document et du travail fourni. Comme chaque année, la CGT constate malheureusement que, malgré le temps passé par les collègues pour réaliser ce document, il est très peu lu, et c'est un euphémisme, et très peu exploité. Comme chaque année, la CGT demande que ce document puisse être complété par un document de synthèse des principales informations pouvant être communiquées à l'ensemble des agents. Cela permettra à la fois de valoriser le travail réalisé et d'informer les agents sur la réalité sociale de notre collectivité, et de renforcer ainsi le sentiment d'appartenance.

Nous avons entendu les explications données, mais nous aurions souhaité que l'on puisse conserver un bilan propre à la collectivité, avec les informations qui intéressent les principaux lecteurs que sont les organisations syndicales. Nous aurions souhaité, pour l'élaboration du prochain bilan, qu'il y ait une réunion de travail en amont, en commun entre la Région et les syndicats, pour que l'on puisse déterminer ce que l'on mettrait dans ce document propre à la Région, au-delà visiblement du document qui va être commun à toutes les collectivités, et qui risque d'être proprement incompréhensible, ou en tout cas très peu utile.

Nous demandons que, l'année prochaine, nous puissions travailler ensemble sur ce dont nous aurions besoin comme informations, en tant que représentants du personnel, parce qu'effectivement, comme vous le disiez, dans ce document déjà transitoire, il y a un certain nombre d'informations que l'on ne retrouve pas ou que l'on retrouve avec une lecture très difficile, et une démultiplication des clés de répartition de titulaires/non-titulaires, hommes/femmes, catégories, etc.

C'est un outil essentiel pour nous. Or, là, on est déjà arrivé au stade où il y a un certain nombre de choses que l'on n'arrive plus à identifier, mais qui devraient être identifiées dans un bilan social.

Une réunion de travail est utile pour voir ce qui est nécessaire et utile, et éviter que l'on ait finalement un document ne servant ni à la collectivité ni aux syndicats, ni aux agents.

 Réponse DGARH : Oui, c'est un travail conséquent qui est demandé. C'est vrai que l'on avait pu enrichir ce document que l'on vous fournissait d'ailleurs sur vos préconisations, et avec les idées que vous nous aviez formulées. Il est vrai que le document auquel on avait abouti était très riche d'informations. Nous avions dit aussi que l'on en ferait un document de communication.

Le temps est passé, et les obligations réglementaires sont arrivées par-dessus avec maintenant ce nouveau document qui est à faire, et qui nous demande aussi beaucoup de travail de consolidation, notamment de la part des équipes d'Angélique. Refaire le travail en double, en tout cas en ce moment, au regard de la charge actuelle qui dure, cela me semble très difficile.

Par contre, avoir un document de synthèse plus communicant, plus didactique, et moins technocratique peut s'envisager. Nous allons travailler sur la base des éléments qui y figurent.

 CGT : L'idée n'est pas de demander un double travail. J'ai cru comprendre qu'on allait s'orienter l'année prochaine vers un document extrêmement technocratique, impossible à bouger, car il sera fait non pas pour la collectivité, les élus, les agents, les syndicats, mais pour des outils informatiques nationaux, et des personnes au niveau national qui ne le liront jamais. Il devrait être possible d'extraire des informations qui seront travaillées là-dessus pour réaliser un document propre à la collectivité, avec uniquement les informations qui intéressent la collectivité, ses élus, la DRH et les syndicats. Je demandais que l'on puisse se mettre autour de la table pour voir ce dont chacun aurait besoin, si ce sont les mêmes choses, à partir d'éléments qui seront, de toute façon, des données extraites de l'outil. C'était le sens de mon propos.
Vote CGT : POUR

 

 Avis : Logement de fonction : Harmonisation du forfait des prestations accessoires entre agents d'Etat et agents de la Région (vote)
Aucune intervention CGT
Vote CGT : POUR

 

 Avis : Protocole sur le service minimum dans la restauration scolaire (vote)

Lors des réunions préalables sur ce sujet, la CGT a exprimé clairement son opposition à la loi de transformation de la fonction publique d'août 2019, et à la quasi-totalité des mesures de destruction du statut de la fonction publique qu'elle met en place. C'est particulièrement le cas pour les restrictions au droit de grève appliquées aujourd'hui par la Région.

La CGT a également rappelé qu'à force de réduire les possibilités d'exercice des droits syndicaux, employeurs s'exposaient à des mouvements plus durs et non programmés de nature à déstabiliser les structures, et dont ils devront en porter la responsabilité.

Nous allons donc voter contre ce rapport et nous ne signerons pas le protocole.

 CGT : Je voulais juste vous indiquer que, dans la majeure partie des établissements, ce serait une façon de casser la grève pour certaines personnes, puisque c'est environ 75 % du personnel qui travaillent en partie à la restauration.

Dans les centres hospitaliers, quand on réquisitionne quelqu'un qui est en grève, on lui dit qu'il est réquisitionné, mais considéré comme en grève ; les heures sont considérées plus tard comme à récupérer. Cela sera-t-il compté chez nous de la même manière ? Ou bien l'agent sera-t-il compté comme étant au travail ?

Réponse DGARH : Ce n'est pas du tout ce dispositif. En effet, chez nous, la personne qui est assignée est en activité dans le cadre de son travail classique. Si elle fait plus d'heures que son activité parce que c'est une personne volontaire et qu'elle va intervenir en dehors ou en plus de son temps de travail, on est dans le cadre des heures à récupérer. Mais, si elle est dans le cadre de son cadre de travail habituel, on est dans son activité classique.

CGT : Ce n'est pas la question que j'ai posée. Dans les centres hospitaliers, lorsque les agents sont en grève, mais qu'ils travaillent quand même, cette journée est récupérable.

Réponse DGARH : Non, les agents ne sont pas comptés comme grévistes quand ils sont assignés.

Ce n'est pas de la réquisition, là ; on est sur de l'assignation. Ce n'est pas le même terme juridique.

CGT : En fait, c'est encore pire que dans la fonction publique hospitalière, et en plus c'est le chef d'établissement qui décidera. Vous verrez que c'est casser la grève dans les établissements scolaires.

Réponse DGARH : En cas de difficulté, l'article 15, reprenant les échanges que nous avons eus, précise que la DGA RH est garante du recours à l'assignation et s'engage à effectuer toutes les mesures de contrôle nécessaires. Il pourra être sollicité en tant que de besoin s'il y avait des assignations excessives.
Vote CGT : CONTRE

 

 Avis : Evolution de l'organisation de la Direction Carrière. Appui et Pilotage f (vote)

Aucune intervention CGT
Vote CGT : POUR

 

 Information : Télétravail

Je voulais rappeler que la CGT s'était déjà exprimée sur le sujet du télétravail lors de réunions préalables que nous avions eues notamment sur les préconisations en termes d'accompagnement, en rappelant l'importance de la formation et de l'accompagnement, avec des actions de sensibilisation et des parcours obligatoires renforcés par des groupes d'échanges par directions générales.

Nous sommes aussi intervenus pour rappeler l'importance de mettre à disposition des personnels moyens matériels, et pour demander notamment la remise en place de l'indemnisation financière prévue en 2014 lors du début du télétravail à la Région pour la prise en charge des frais de fonctionnement : électricité, chauffage, eau, surcoût assurance proportionnels au nombre de jours télétravaillés, et la mise en place ou le financement de matériels nécessaires (écrans, claviers, mobilier, etc).

Enfin, la CGT a demandé et demande à nouveau comme en 2012, 2014, 2016 et 2019 la mise en place d'actions concrètes pour la déconnexion hors du temps de travail d'une part et la réduction de la surconnexion sur le temps de travail d'autre part ainsi qu'une information et un suivi par le CHSCT notamment avec l'adaptation du document unique d'évaluation des risques professionnels.


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vendredi 12 février 2021

Accord sur l’augmentation des ratios d’avancement de grade au Conseil régional

 

Déclaration de

L’Intersyndicale CFDT-CFE/CGC-CGT-FO-FSU-UNSA

Février 2021

 Comme vous le savez, plusieurs négociations importantes pour l’ensemble des agents de la Région sont actuellement en cours : régime indemnitaire, carte des métiers, déblocage des carrières et ratios d’avancement de grade.

Un accord vient d’être trouvé entre la Région et les syndicats sur l’augmentation des ratios d’avancement de grade.

RAPPEL : le changement de grade (ex : passage d’adjoint technique à adjoint technique principal de 2ème classe) se fait soit après examen professionnel, soit au choix de l’employeur avec des conditions d’ancienneté. Dans les 2 cas, chaque employeur fixe des ratios promus-promouvables, c’est-à-dire un pourcentage d’avancement qui s’applique au nombre d’agents remplissant les conditions d’ancienneté (ex : 20 agents remplissent les conditions d’ancienneté. Si le ratio est fixé à 50 % : 10 agents seront promus). Le classement se fait selon la valeur professionnelle, donc en prenant en compte les résultats de l’entretien professionnel.

Jusqu’à présent les ratios au choix étaient fixés à 45 % pour tous les grades et les ratios après examen professionnel étaient fixés à 100 %.

Voici les principaux ratios qui ont fait l’objet d’un accord, validé en Comité technique du 4 février 2021 :

Pour tous : maintien à 100 % en cas de réussite à un examen professionnel.

Catégorie C (adjoint administratif, technique, ATTEE, agent de maitrise) :
Accès à principal 2ème classe : 60 %,
Accès à principal 1ère classe : 50 %.

Catégorie B (rédacteur, technicien) :
Accès à principal 2ème classe : 100 % : expérimentation sur 2 ans,
Accès à principal 1ère classe : 100 % : expérimentation sur 2 ans,

Attention : Maintien de l’obligation d'appliquer la règle du 3/4 et 1/4 : 3 nominations possibles au choix uniquement si 1 nomination par examen professionnel.

Catégorie A (attaché, ingénieur) :
Accès à principal : 60 %.

Catégorie A + (administrateur, ingénieur chef) :
Accès à hors classe : 45 %.
Les autres grades ne sont pas concernés par les ratios mais par des quotas réglementaires.

 Il s’agit d’une augmentation pour tous les grades, ce qui est évidemment une bonne chose.

 La principale amélioration est surtout l’accès à ATTEE Principal 1ère classe pour tous les métiers dans les lycées (cf. protocole du dialogue social signé en novembre 2020). Ajouté au nouveau ratio de 50 %, il va permettre à plus de 200 agents d’accéder à ce grade dès cette année, au lieu des 46 agents qui sont passés en 2020 en raison du blocage de la carte des métiers.

 Globalement, il s’agit d’une amélioration et d’une accélération des déroulements de carrière qui concerne tous les agents.

jeudi 11 février 2021

TELETRAVAIL : LE COUT PEUT DEPASSER 100 EUROS PAR MOIS POUR DES SALARIES

LA POSITION DU SYNDICAT CGT DU CONSEIL REGIONAL CENTRE VAL DE LOIRE
Lors de la présentation de la nouvel Charte du télétravail, en Comité technique du 4 février 2021, la CGT a été le seul syndicat à revendiquer "une compensation des frais professionnels ainsi qu’une mise à disposition des moyens matériels, informatiques (écran, claviers …) et mobiliers (fauteuil …)., comme l’ont déjà décidé un certain nombre de régions". Nous avons également été, pour cette raison, les seuls à nous abstenir lors du vote.
Nous continuons à  porter cette revendication, plus que jamais d'actualité, comme le prouve cet article du Parisien en date du 9 février 2021.


Electricité, chauffage, fournitures… selon une étude du cabinet ConvictionsRH que nous révélons, le coût lié au télétravail peut s’avérer important. De quoi relancer le débat sur la prise en charge des frais par l’employeur. 

« Télétravailler partout où c'est possible! » a enjoint le Premier ministre, Jean Castex, la semaine dernière. Pour éviter un troisième confinement, les entreprises sont appelées à renforcer la mise en œuvre du télétravail et la ministre du Travail Elisabeth Borne a prévenu : les contrôles vont être renforcés, dans les grandes comme dans les petites organisations. Mais alors que la pression redouble pour que les salariés restent à la maison, quand ils sont de plus en plus nombreux à vouloir revenir au bureau, la question des frais supplémentaires générés par le télétravail se pose de plus belle.

Combien coûte un mois de travail à la maison par rapport à un mois d'activité au bureau ? Pour la première fois, un cabinet de conseils en ressources humaines s'est penché sur cette question. Selon l'étude de ConvictionsRH que nous révélons, le surcoût pour les salariés en frais courants (électricité, chauffage, eau…) peut varier de 13 euros par mois en fourchette basse (pour une habitation de 50 m2 chauffée au gaz, sans surcoût de repas… à 174 euros par mois en fourchette haute (pour 200 m2 chauffé à l'électrique, frais de repas et de cafés inclus).

Parmi ces dépenses, celles liées au loyer, au Wi-Fi ou au téléphone n'ont pas été prises en compte. « Beaucoup de salariés ont un forfait illimité qui n'entraîne pas de dépense supplémentaire pour le salarié », justifie Marine Chabot, associée du cabinet ConvictionsRH. En revanche, le prix du chauffage a été intégré en tenant compte du fait que certains salariés le baissent, parfois fortement, en allant travailler. « Nous nous sommes basés sur une utilisation de 8 heures par jour, pour 20 jours de télétravail par an », détaille Marine Chabot. 

Les frais de repas n'ont pas été comptabilisés quand le salarié dispose de tickets-restaurants – l'entreprise a l'obligation de les maintenir en période de télétravail. Dans les quatre études de cas que nous présentons, le chauffage est ainsi (avec le repas et le café en capsules) l'un des postes de dépenses les plus importants pour le travailleur à la maison : jusqu'à 48 euros pour un 150 m2 chauffé à l'électrique.


«Il arrive que le salarié soit gagnant»
De quoi donner du grain à moudre aux partisans d'une prise en charge des frais par l'employeur. D'autant que, en plus de ces frais courants, il faut tenir compte des achats de fournitures, voire d'équipement matériel ou informatique, pas toujours remboursé par l'entreprise. Même si de son côté, l'employé à domicile doit éventuellement déduire les économies réalisées sur les transports. « Avec le maintien du remboursement de la carte transport à 50 % ou à 100 %, ou les économies d'essence, il arrive que le salarié soit gagnant », souligne Marine Chabot.
Un paradoxe qui n'aidera pas les employeurs à y voir plus clair sur ce qui est remboursable, ou pas. Du côté de la loi, en effet, un flou artistique prévaut sur le sujet. L'ANI (accord national interprofessionnel) sur le télétravail signé par le patronat et les syndicats en novembre dernier indique qu'il appartient à l'entreprise « de prendre en charge les dépenses qui sont engagées par le salarié pour les besoins de son activité professionnelle et dans l'intérêt de l'employeur ». Mais l'accord ne détaille pas le type de dépenses qui peuvent être remboursées et renvoie cette question au dialogue social au sein de l'entreprise ou aux accords de branche.

«Un petit plus qui fait que cela me donne envie de continuer à travailler pour eux»
A chaque employeur, donc, d'adopter – ou non — sa politique de compensation des frais : aide à l'équipement, forfait mensuel, remboursement sur justificatifs… « Lors des discussions avec le patronat, à l'automne dernier, nous souhaitions que l'employeur soit obligé de statuer sur le sujet, mais cela n'a pas été intégré », déplore le président de la CFE-CGC François Hommeril.

La CGT – seule organisation à avoir refusé de signer l'ANI – va encore plus loin. « En plus des frais fixes, l'employeur devrait prendre en charge une partie du loyer du salarié qui consacre une pièce de son logement à son travail. Dans les années qui viennent, les entreprises vont faire des économies en se séparant d'une partie de leurs locaux, cela serait donc cohérent qu'elle reverse une partie de cette somme ! » soutient Fabrice Angei, secrétaire confédéral à la CGT.
Les salariés qui bénéficient déjà d'un « forfait télétravail », eux, s'en accommodent bien. « Avec la crise du Covid-19, mon entreprise a décidé d'augmenter le forfait mensuel que je touche pour le télétravail de 10 à 15 euros », raconte Dominique (le prénom a été modifié), consultant chez Sopra Steria, entreprise de services du numérique qui a mis en place ce dispositif depuis des années. Il juge « normal » que son entreprise participe à ses frais et lui propose aussi un remboursement pour l'achat de mobilier de bureau (plafonné à 150 euros) : « Ce n'est pas essentiel, mais c'est un petit plus qui fait que cela me donne envie, chaque jour, de continuer à travailler pour eux », estime-t-il.
Aujourd'hui, difficile de dénombrer les entreprises à avoir pris ce sujet à bras-le-corps. « Dans ce contexte de crise, la situation reste très empirique sur le terrain », souligne Eric Chevée, vice-président en charge des affaires sociales à la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). La question risque néanmoins d'évoluer rapidement. « Vu la situation, les employeurs vont vite être obligés de se positionner. Travailler à la maison, cela a un coût. Les salariés ne vont pas pouvoir s'asseoir très longtemps là-dessus », estime Jean-François Foucard, secrétaire national CFE-CGC. 

 Source : Le Parisien

lundi 8 février 2021

Prévention télétravail : Pourquoi la visioconférence met-elle notre cerveau K.-O. (et comment riposter) ?


Incontournables depuis le début de la crise sanitaire et la généralisation du télétravail, les discussions vidéo sont source d'épuisement mental. En cause, notamment, le manque de communication non verbale lors de ces échanges.

Une réunion d'équipe sur Teams à 10 heures, quatre "conf-calls" avec des clients dans l'après-midi, sans oublier le Skype en famille à 19 heures pour fêter l'anniversaire du petit dernier… Avec la crise sanitaire, la visioconférence s'est imposée dans notre quotidien. Au printemps dernier, elle est même devenue incontournable pour maintenir le lien social dans nos vies confinées.

Mais depuis, les apéros Zoom ont laissé place au phénomène de "Zoom fatigue"*, un sentiment d'épuisement face à l'accumulation de ces réunions virtuelles. Car outre la fatigue visuelle, liée à la fixation prolongée d'un écran, la visioconférence est surtout génératrice de fatigue mentaleexplique à franceinfo Nawal Abboub, docteure en sciences cognitives. Et pour cause : une discussion vidéo exige beaucoup plus de concentration qu'un échange en face à face. Mais comment l'expliquer ?

Un manque de signes non verbaux

D'abord, par la difficulté de s'appuyer sur le langage corporel des interlocuteurs. Lorsqu'on est en présence de quelqu'un, un hochement de tête lui indique par exemple que nous l'écoutons. La posture et les gestes peuvent quant à eux traduire notre envie de prendre la parole. Autant de signes non verbaux, souvent inconscients, qui "facilitent la compréhension claire des messages et des intentions lors d'une interaction", mais moins nombreux en visioconférence, analyse pour franceinfo Marie Lacroix, docteure en neurosciences. Difficile en effet de discerner les gestes d'une personne en appel vidéo si sa caméra est cadrée au niveau des épaules. "Et puis, pour éviter les bruits parasites, on a tendance à couper son micro quand n'a pas la parole, ajoute Marie Lacroix. Alors on détecte encore moins de signaux."

Le cerveau doit donc davantage se concentrer pour s'appuyer sur d'autres indicateurs, comme le ton de la voix ou les expressions du visage. Mais même avec une connexion internet optimale, la technologie restitue toujours ces informations avec un léger décalage, et complique encore la tâche pour notre cerveau. C'est ce que Nawal Abboub appelle "la désynchronie".

"C'est un décalage qui se calcule peut-être en millisecondes. Mais c'est suffisant pour demander un effort supplémentaire au cerveau pour qu'il reconstruise la réalité."

Nawal Abboub, docteure en sciences cognitives à franceinfo

La réduction et la mauvaise qualité des signaux "nous oblige[nt] à être plus attentifs pour suivre et prête[nt] à des moments de confusion dans la conversation", confirme Marie Lacroix. La visioconférence perturbe ainsi la fluidité et le rythme de l'échange, soulignent les deux spécialistes. Vous avez d'ailleurs certainement déjà rencontré cette situation : un silence s'installe soudainement dans la discussion vidéo, et provoque en quelques secondes un sentiment de gêne chez vous et vos collègues, avant que deux d'entre eux ne prennent finalement la parole en même temps. 

"La distribution de la parole dans un groupe est réglementée de manière inconsciente, grâce aux signes non verbaux. En visio, il devient donc très difficile de trouver un rythme spontané."

Marie Lacroix, docteure en neurosciences à franceinfo

Surtout, les appels vidéo nous privent de "la synchronicité dans l'échange des regards", rapporte Marie Lacroix. Pour donner l'impression à son interlocuteur de le regarder dans les yeux, il faut fixer la caméra, ce qui empêche de facto d'observer sa réaction en même temps sur l'écran. En visioconférence, chaque participant a donc plutôt tendance à maintenir le regard sur l'écran, n'observant pas directement les autres dans les yeux, mais uniquement leur rendu filmé. Or, lors d'une discussion, le contact visuel avec autrui permet de stimuler le système attentionnel et de renforcer la mémorisation. Ainsi, face à une vidéo où un individu s'exprime, "notre attention est davantage attirée lorsque la personne qui parle donne l'impression de nous regarder environ 30% du temps", indique Marie Lacroix, citant une étude menée par deux universitaires britanniques*.

Plus étonnant encore, l'absence de contact visuel est interprétée par le cerveau comme "un évitement du regard", note l'experte. Cette réaction inconsciente et automatique donne "l'impression que la personne est sur la défensive ou inattentive", détaille-t-elle. De la même manière, les retards de son et d'image provoquent une interprétation négative des interlocuteurs. En 2014, des chercheurs allemands ont montré qu'un décalage de 1,2 seconde pouvait suffire à être perçu comme moins amical ou moins concentré*.

Quand l'écran devient miroir

Si la visioconférence bouleverse la perception des autres, elle modifie également le regard porté sur soi-même. Se voir à l'écran pendant la discussion avec les autres joue sur l'anxiété et la fatigue mentale. "Quand vous êtes en visioconférence, vous savez que tout le monde vous regarde. Vous êtes comme sur scène, ce qui provoque une pression sociale et l'impression que vous devez jouer", souligne Marissa Shuffler, enseignante en psychologie organisationnelle à l'université américaine de Clemson, auprès de la BBC*. En plus de devoir gérer la conversation, l'esprit n'a de cesse de se demander quelle posture adopter ou de se focaliser sur son propre visage.

Et dans le contexte actuel, où les espaces professionnel et personnel ne font plus qu'un, le cerveau est d'autant plus à l'affût de la moindre situation génératrice de malaise face à nos collègues : et si l'un des enfants faisait irruption dans le champ de la caméra ? Ou que le chat grimpait sur le bureau ?

"Vous mettez votre cerveau en double tâche : vous vous concentrez à la fois sur la personne à qui vous parlez et sur vous."

Nawal Abboub à franceinfo

"Or, le système attentionnel ne traite pas les informations en parallèle, mais en série", ajoute la spécialiste. Et chaque aller-retour entre votre visage et celui de votre interlocuteur est énergivore. "L'attention que vous allez prêter à votre image dépend aussi de la personne en face de vous, précise toutefois Nawal Abboub. Quand vous discutez avec un collègue, un collaborateur ou un supérieur, vous n'êtes pas sur les mêmes niveaux de ressources." 

"Où est Charlie ?"

La situation se complique encore quand les participants à la réunion sont nombreux. Le mode galerie, où les visages apparaissent dans de petites vignettes, est difficile à gérer pour le cerveau. "C'est comme si on devait jouer à 'Où est Charlie ?'", illustre Marie Lacroix. "On peut capter des choses assez générales, voir si l'audience a l'air réceptive ou se désintéresse, mais c'est plus difficile de prêter attention à chacun", nuance-t-elle. Sans compter qu'un appel vidéo ne se résume pas à un écran avec un ou plusieurs visages. "Il y a aussi un tchat sur le côté et des notifications peuvent apparaître, détaille Nawal Abboub. Il y a beaucoup de sources de distraction et ça rend l'espace encore plus difficile pour se concentrer."

Devant cet afflux d'informations, le cerveau se met donc en "attention partielle continue", analyse National Geographic*, et jongle avec une multitude de tâches, sans se concentrer pleinement sur l'une d'elles. Comme si vous essayiez de cuisiner et de lire en même temps, relève le média.

A cela s'ajoute qu'avec la crise sanitaire, des moments de vie, d'ordinaire séparés, sont désormais tous réunis en visioconférence. "Imaginez que vous vous rendiez dans un bar, et que dans ce même bar, vous discutiez avec vos professeurs, rencontriez vos parents ou organisiez un rendez-vous amoureux. C'est exactement ce que nous faisons en ce moment [en visioconférence]", avance Gianpiero Petriglieri, enseignant à l'Institut européen d'administration des affaires, auprès de la BBC.

"Le travail à distance nous impose un monocanal qui est l'ordinateur."

Marie Lacroix à franceinfo

"La fatigue mentale est générée par l'accumulation du temps passé sur une même tâche", expose l'experte. Même en jonglant avec des réunions professionnelles et des appels vidéo entre amis, l'activité reste similaire et suscite donc de l'épuisement. D'autant plus si les participants sont peu actifs lors de ces visioconférences. "Cela peut paraître contre-intuitif, mais rester passif [face à un ordinateur] est encore plus demandeur d'énergie", ajoute Nawal Abboub, comparant cette situation au travail "très fatigant" des professionnels de la vidéosurveillance qui scrutent en permanence des écrans.

Gare à la "visionite"

Alors comment se prémunir de cette fatigue ? Pensez d'abord à faire des pauses visuelles. "Toutes les vingt minutes, il faut lever les yeux de son écran et regarder à vingt mètres devant soi pendant vingt secondes", recommande Marie Lacroix, qui a cofondé Cog'X, une agence de conseil en sciences cognitives auprès des entreprises. Autre possibilité : fixer des créneaux de réunion plus courts pour laisser un temps de récupération. 

Exit aussi l'utilisation systématique de la caméra. "On peut l'allumer au début de la réunion, pour prendre des nouvelles des autres, garder ce moment d'interactions, suggère Marie Lacroix. Puis la couper quand on entre dans des aspects plus techniques de la discussion afin de permettre à chacun de se concentrer sur le contenu."

Pour compenser l'absence d'une partie des signes non verbaux, Nawal Abboub, cofondatrice de l'agence de conseil Rising Up, propose de "jouer davantage sur la voix" ou d'"amplifier les gestes du visage" pour capter l'attention de l'auditoire. Etablir des règles explicites permet par ailleurs de fluidifier les échanges : lever la main pour prendre la parole, poser les questions dans l'espace de tchat.

"Il ne faut pas non plus tomber dans le syndrome de la visionite", poursuit Nawal Abboub, qui incite à alterner avec d'autres modes de communication. "On peut aussi s'appeler par téléphone, s'envoyer des messages, travailler sur des documents partagés", détaille-t-elle. Selon l'experte, le meilleur conseil pour s'adapter reste d'apprendre à "connaître la manière dont notre cerveau fonctionne""Ce n'est pas un ordinateur qui sait faire fonctionner Powerpoint et Excel en même temps", sourit la scientifique.

* Les liens marqués d'un astérisque renvoient vers des articles en anglais.

Source : France TV Info

lundi 25 janvier 2021

Journée d'action nationale dans l'Education : mardi 26 janvier 2021

 

ATSEM, Adjoint·e·s techniques des établissements scolaires, animatrices-animateurs, AESH, ATSS, enseignant·e·s... Tou·te·s ensemble en grève et manifestation le 26 janvier ... et on continue le 4 février !

 Déconfinons nos revendications

Depuis le début de la crise sanitaire, tous les personnels des écoles et établissements scolaires sont en surchauffe et travaillent sous tension permanente : protocoles sanitaires difficilement applicables avec les moyens alloués, persistance des classes surchargées, augmentation des tâches pour les ATSEM des écoles maternelles, maintien des agent·es dans une précarité extrême (Temps partiels non choisis, contrats à durée déterminée, horaires variables à outrance, salaires de misère), manque criant de personnels, programmes scolaires non aménagés et augmentation des difficultés scolaires ...

Des agents et agentes masqué·es mais pas muselé·es !
La crise sanitaire a accéléré la dégradation des conditions de travail dans les écoles, les établissements scolaires et accueils périscolaires : davantage de travail et travail dans l’urgence perpétuelle, davantage de collègues absent-es et non remplacé-es, aucune écoute des per­sonnels dans l’instauration et l’application des consignes sanitaires par nos employeurs alors que nous sommes les mieux placé- es pour exiger une plus grande rigueur sanitaire ...

Cette absence d’écoute de la part de nos employeurs locaux et admi­nistrations est un manque de respect à l’égard des femmes, agentes en première ligne dans les écoles et les divers établissements. La crise a souligné leur rôle et leur importance dans un environnement où elles sont extrêmement majoritaires : sans elles, pas de cantine, pas de nettoyage, pas d’activité périscolaire, pas d’aide en classe ou d’accompagnement des élèves en situation de handicap, moins d’enseignement et gestion approximative dans les services !

Face au mépris des ministères de la transformation de la fonction publique et de l’Éducation nationale, mais aussi des employeurs publics locaux, et dans un contexte de crise sanitaire, économique et sociale, tous les personnels intervenant dans les écoles et établissements exigent un plan d’urgence avec des créations de postes, une augmentation des salaires et un plan de titularisation ainsi qu’un plan de rénovation du bâti des établissements scolaires !

Toutes et tous en grève mardi 26 janvier 2021 et jeudi 4 février !

Les Fédérations CGT des Services Publics et la CGT Éduc’action appellent l’ensemble des personnels des écoles et établissements scolaires à s’engager dans la grève et manifestations mardi 26 janvier et jeudi 4 février 2021 dans le cadre de l’appel national et interprofessionnel pour exiger :
• des créations de postes,
• une autre politique éducative,
• le dégel de la valeur du point d’indice couplé à des mesures significatives de revalorisation des carrières et grilles indiciaires de l’ensemble des cadres d’emplois des agents travaillant dans des établissements scolaires
.10% pour la Fonction publique : 10% de postes supplémen­taires ; 10% d’augmentation des salaires ; 10% de temps de travail en moins.

Une autre École est possible.

Il y a urgence à construire collectivement une École avec un système éducatif transformé dans l’intérêt des personnels, des enfants et des usager·ères, et dans laquelle tous les personnels auront de meilleures conditions de travail.

Afin de permettre aux agent-es de défendre leur santé, leur emploi, pour améliorer leurs conditions de travail, des préavis de grève sont déposés pour le 26 janvier et le 4 février 2021.

Nous rappelons que les enseignant-es du premier degré doivent faire parvenir à leur hiérarchie leur déclaration d’intention 48h avant le début du mouvement.

 Téléchargez le tract